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Présentation — Maël Rolland x Samouraï Coop

Chercheur Indépendant en résidence au Samouraï Governance Research Lab


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Introduction


Cette année 2025, Samouraï Coop lance le Samouraï Governance Research Lab  : un espace de recherche embarquée dédié à l'exploration des modèles d'organisation coopératifs, décentralisés et orientés communs. C'est dans ce cadre que j'ai le plaisir de rejoindre l'équipe en tant que chercheur en résidence.


Je suis Maël Rolland, socio-économiste, docteur en économie et sciences sociales (EHESS), spécialiste de l'étude des cryptomonnaies, de leurs crises et de leurs modes de gouvernance — en particulier Bitcoin et Ethereum.


Ma mission au Lab, c’est de prolonger mes travaux sur les infrastructures décentralisées et leurs modes de gouvernance communautaires, en les mettant au service d'un objectif simple : outiller celles et ceux qui construisent, quotidiennement, des organisations plus justes, plus ouvertes et plus robustes.


1 — Qui je suis : trajectoire et expertise

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Mon “pédigré académique”


Ma recherche s'est structurée autour de trois axes :

  • Les dimensions politiques des cryptomonnaies — les conditions matérielles, mais aussi les imaginaires — et la manière dont les communautés crypto projettent des idéaux monétaires dans des dispositifs techniques.

  • Les infrastructures socio-techniques — protocoles, plateformes, médiations, outils de maintenance — qui font de ces CM monnaies, mais les mettent aussi à l'épreuve comme telles.

  • Les pratiques de gouvernance, souvent discrètes, diffuses parfois bruyante, et finalement toujours polycentriques, qui émergent dans ces infrastructures malgré un imaginaire libéral-techniciste qui prétend qu'il n'y a “pas de gouvernance, seulement du code”.


Dans ma thèse Au-delà des Codes: Gouvernance et infrastructure discrète et polycentrique des Cryptomonnaies Bitcoin et Ethereum dévoilées par leur crises (EHESS, 2024) j'ai étudié Bitcoin et Ethereum comme des infrastructures socio-techniques vivantes, dont les propriétés monétaires évoluent au fil des arrangements sociaux, techniques et organisationnels qui les composent.J'y montre comment leurs crises — bruyante comme le DAO Fork de 2016, ou plus silencieuse avec la faille CVE-2018 de Bitcoin — font émerger une division du travail distribuée, faite de confiance, d'intermédiation, de coordination et d'une quantité immense de maintenance et de réparation invisibles autours de code protocolaires partagées. Les gouvernance de crise prises pour objet, fonctionnent ainsi comme de véritables laboratoires institutionnels : des moments où les communautés négocient au-delà des caractéristiques désirables de leur monnaie, aussi leurs valeurs, leurs normes et la légitimité de leurs choix collectifs.


Mes travaux se situent à l'intersection de la théorie monétaire institutionnaliste et des science and technology studies (STS).Je n'aborde pas les cryptomonnaies comme de simples objets techniques ou financiers, mais comme des infrastructures impliquant usagers, développeurs, plateformes, et ce sont tous ces acteurs qui en façonnent la gouvernance. J'y analyse des formes de souveraineté monétaire distribuée, transnationales et polycentriques, qui s'exercent à travers le code, les normes communautaires, les dispositifs sociaux et la coordination, plutôt qu'à travers un centre unique de décision.


Ainsi, je conçois les cryptomonnaies comme de véritables monnaies — des formes parallèles et communautaires — ce qui m'amène à un constat plus large : les fragmentations monétaires que l'on observe aujourd'hui dans les réseaux crypto — comme au niveau mondial — ne sont ni nouvelles ni exceptionnelles. Ce qui est inédit, ce sont les manières dont cette fragmentation est désormais institutionnalisée via la gouvernance de protocole et la montée en échelle des architectures distribuées.


À travers ce travail, je cherche à éclairer une question qui traverse aussi Samouraï Coop :comment préserver autonomie collective, ouverture et capacité d'agir dans un monde de réseaux fragmentés mais interdépendants ?


Mes “crypto credentials”


Au-delà de mes travaux académiques, je suis également un praticien de longue date dans l'écosystème crypto : Holder de BTC, ETH, shitcoins et NFTs depuis 2015 ; Rare Pepe artist en 2016 (3 cartes créées) ; DegenSCORE : leaderboard ~600 / 29,917...


Cette double casquette — chercheur et praticien — me permet d'aborder les questions de gouvernance avec une compréhension fine des enjeux techniques, économiques et sociaux qui traversent ces écosystèmes.


2 — Ce que je viens faire au Samouraï Governance Research Lab


Mon rôle au Lab consiste à étudier, analyser et documenter les formes de gouvernance propres :

  • aux coopératives (SCOP, SCIC, CAE),

  • aux DAO et protocoles Web3,

  • et aux collectifs orientés communs (communs numériques, modèles mutualisés, infrastructures ouvertes).

À l'EHESS, j'ai mené une enquête longue et ethnographique sur les crises — forks, vulnérabilités, conflits — afin de comprendre comment des communautés non étatiques prennent des décisions collectives dans des environnements distribués.C'est ce type de méthode que je mobiliserai — et expliciterai — pour mes travaux au sein de Samouraï Coop.


Concrètement, je travaillerai à partir de :

  • entretiens avec membres, fondateurs, sociétaires,

  • observations des réunions, votes, arbitrages, médiations,

  • analyse des documents internes et externes (statuts, contrats, gouvernance technique, allocation des droits),

  • extraction et visualisation de données, lorsque cela éclaire les dynamiques collectives (participation, activités GitHub, flux de décisions, distribution des rôles).

Mon objectif : mettre en lumière ce qui fonctionne, ce qui se cherche, ce qui se transmet, et produire des ressources réutilisables, ouvertes et auditables.


3 — Ma démarche : recherche ouverte et collaborative


Dans la continuité de l'esprit Samouraï — apprendre en construisant, formaliser en expérimentant — ma méthodologie est résolument :


Qualitative et située


Je pars des pratiques réelles, pas de modèles a priori.Le cœur du travail repose sur la description fine des situations d'action, en mobilisant notamment les outils d'Elinor Ostrom pour analyser règles, rôles et faisceaux de droits. Je cherche à offrir des ponts conceptuels simples et robustes permettant aux mondes coopératifs, au Web3 et aux communs de dialoguer.


Intéressée à l’interdisciplinarité


Ma base est qualitative, mais cette résidence est aussi l'occasion de monter en compétence sur des approches plus quantitatives ou computationnelles, grâce à la collaboration avec l'équipe Samouraï.


Ouverte et contributive


Tous les travaux produits seront publiés sous licence permissive, dans un esprit d'open research.

Je reste titulaire de mes droits d'auteur, mais j'accorde à Samouraï Coop une licence non exclusive pour reproduire, publier et diffuser les contenus produits.Un crédit obligatoire sera apposé :« © Maël Rolland — publié avec Samouraï Coop, [année] ».Je conserve le droit de réutiliser librement tout contenu (articles académiques, ouvrage, site personnel, republications).

Avec ZôÖma et l'équipe, je souhaite également expérimenter un dispositif permettant de rendre les analyses commentables et amendables publiquement (GitHub ou système de contributions dédié).


4 — Contribuer au long terme : documenter, structurer, transmettre


Samouraï Coop est — et reste — autonome et autofinancée. Cette indépendance est précieuse : elle garantit la liberté d'expérimenter, de documenter et de partager sans compromis.

Mon rôle (et ma propre indépendance) s'inscrit dans cette trajectoire :

  • Structurer et consolider la connaissance accumulée par Samouraï Coop et d'autres projets — objectifs, moyens, expérimentations, réussites et échecs.

  • Produire de nouveaux outils analytiques et pratiques, pour permettre à d'autres structures (coopératives, associations, SCIC, collectifs Web3) de bénéficier de cette expérience.

Tous les livrables du Lab — glossaires, analyses, protocoles, dossiers thématiques — seront publiés en open source, pour être enrichis dans la durée par Samouraï et par toutes les organisations souhaitant expérimenter des modèles plus équitables et plus démocratiques.


5 — Vers une infrastructure de connaissance partagée


Mon ambition est simple : faire de la recherche un commun, pas un artefact clos.Documenter les heurs et malheurs des projets, pour que les suivants bénéficient d'une intelligence accumulée plutôt que de repartir de zéro. Et, à terme, contribuer à l'émergence d'une infrastructure de connaissance partagée entre coopératives, DAO et collectifs orientés communs.


Si vous êtes intéressé·e par ces questions, n'hésitez pas à nous contacter ou à suivre nos publications.


6 — Ressources


 
 
 

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